L’art écologique et naturel de Michel Blazy
« Les gouttes blanches » (1995), le plus poétique.

Michel Blazy (né à Monaco en 1966) est l’un des artistes français les plus singuliers, lauréat du prix Marcel-Duchamp en 2008. Son art développe une œuvre organique et vivante, observant les phénomènes éphémères du quotidien, dépendants de l’évolution naturelle. À travers la décomposition et la transformation des matériaux, il révèle les cycles écologiques immuables et l’impermanence de la vie.
Blazy utilise des matériaux quotidiens et périssables : purées de légumes, fruits, pâtes, chocolat, laine, etc. Il maîtrise leurs propriétés naturelles pour créer des œuvres éphémères qui germent, moisissent ou se décomposent. Cette approche critique la domination humaine sur la nature et interroge le marché de l’art contemporain.
Ses œuvres majeures incluent « Patman II » (2006), « Long Dog » (2008) et « White Drops » (1995). Des installations comme « Orange Peel Sculpture » (2003-07) ou « Potato Mash – Field » (2002) illustrent la transformation temporelle. Ses récentes créations intègrent souvent des insectes ou des animaux, transformant l’espace en laboratoire écologique.
À travers ces matériaux putrescibles, Blazy explore les métaphores de l’existence humaine : naissance, mort, mutation et impermanence. Il souligne que tout retourne à la terre dans un cycle infini, révélant la beauté fugace et la philosophie bouddhiste de l’impermanence (« formation, soutien, destruction, vacuité »).