Vacances d'abord
En France, les vacances consistent à aller à la montagne ou à la mer — Deauville-sur-Mer, Normandie.




Les vacances d’été sont sacrées pour les Français ; juillet et août marquent le moment où ils quittent la ville pour se réfugier à la montagne ou à la mer. Peu importe : tout travail doit être abandonné. Dans la vie française, rien n’est plus important ni sacré que les vacances. L’ombre de la dette européenne plane désormais sur tous les pays européens, y compris la France. Le chômage augmente, les prix flambent, le pouvoir d’achat baisse, l’économie stagne et les problèmes sociaux surgissent sans cesse. Tout cela affecte l’économie quotidienne des Français, qui réduisent leurs budgets. Selon les sondages, la proportion de ceux qui ne peuvent pas rêver de partir en vacances hors de la ville a augmenté ces dernières années, et les congés se raccourcissent.
Revenons-y : bien que l’économie soit ainsi, Paris semble un peu vide en juillet, car les gens sont partis en vacances. Les deux derniers week-ends, des millions de personnes ont afflué vers les grandes gares et aéroports parisiens, engorgeant les autoroutes sortant de la capitale. Certes, riche ou pauvre, le travail peut attendre, mais pas les vacances. Quoi qu’il en soit, il faut avant tout prendre des vacances. Pour les Français, c’est une priorité sacrée, incarnant la philosophie « vivre le jour présent ».
Au début des vacances, avec le nouveau gouvernement et sa nouvelle dynamique, le président François Hollande a lancé une série de forums tripartites (État, employeurs, salariés) pour aborder les défis du travail dans un monde globalisé. Comme toutes les nations développées, l’industrie française fait face à des questions stratégiques : pour rester compétitive, les entreprises délocalisent ou produisent à l’étranger afin de réduire les coûts salariaux, idéalement en recourant à une main-d’œuvre bon marché, espérant ainsi augmenter les exportations. Bien sûr, les travailleurs souhaitent des hausses de salaire ou éviter les licenciements. Le gouvernement socialiste tente de trouver un équilibre raisonnable entre les intérêts des employeurs et des employés, ouvrant de nouvelles négociations directes pour maintenir la stabilité sociale et instaurer un nouveau climat politique.
La Journée nationale française du 14 juillet cette année s’est distinguée par la première revue militaire et interview télévisée du président François Hollande. La parade n’a pas apporté de nouveaux messages particuliers, restant aussi grandiose et dramatique que d’habitude, mais elle portait un signal nouveau : mettre en avant les Casques bleus de l’ONU (les forces françaises stationnées à la frontière libano-israélienne menaient le défilé), symbolisant la paix mondiale. Pourtant, face aux bouleversements actuels, la paix semble lointaine.
Avec la crise de la dette européenne, la croissance économique française est négative depuis plusieurs années, et le chômage continue d’augmenter. Pendant les vacances, le géant automobile français Peugeot-Citroën a annoncé la suppression de huit mille emplois dans toute la France, provoquant l’indignation générale et politique. Air France prévoit également cinq mille suppressions, Alcatel-Lucent cinq autres, etc., sans compter les petites entreprises. Avec ces milliers de pertes d’emplois supplémentaires et leurs familles dépendantes, le nouveau gouvernement socialiste voit son capital politique fondre sous la pression. Le chômage reste le principal défi brûlant de ce mandat.
Dans l’ombre de la dette des pays du Sud de l’Europe, après l’Espagne et l’Italie, la France sera-t-elle la prochaine victime ? Les gros titres des médias parlent de la France « dansant sur un volcan », annonçant un avenir sombre encore pire que celui du chômage. Mais quoi qu’il advienne, prenons d’abord nos vacances. Et si le ciel tombait ?