De retour à Paris après six mois en Taïwan, je me réjouis de retrouver ma ville artistique préférée. Ce qui me fascine, c'est l'art encore et toujours ; je continue de l'embrasser avec passion pour en saisir la nature profonde. Bien sûr, cette quête est un mystère de vie, car elle n'a pas de fin absolue. Je reste curieux, intrigué par le nouveau ou l'inconnu. Voir est un grand plaisir : j'aime tout observer pour ouvrir les fenêtres de l'esprit et percer les apparences de la vie. Pour voir, il faut agir ; l'action est le commencement de tout.

À Paris, expositions et galeries, centres d'art contemporain et musées sont des espaces rêvés qui font partie intégrante de ma vie ici, servant à construire ma conscience existentielle. En dehors du circuit institutionnel, les rues et ruelles offrent de nouvelles stimulations visuelles et élargissent l'horizon. Lors de mes visites ou promenades, les recoins urbains révèlent parfois des découvertes inattendues : les graffitis.

Produits de la ville, ils deviennent plus rares face au nettoyage urbain, à la minéralisation des espaces et aux contrôles stricts. On ne les trouve que dans quelques lieux tolérés, mais leur existence même est menacée par le rythme effréné du développement. Ces endroits sont devenus des espaces informels pour le graffiti parisien, qui semble se standardiser, devenant souvent un exercice scolaire pour les jeunes étudiants en art. Les groupes d'étudiants y pullulent, faisant pâlir d'ennui les graffitis spontanés ces dernières années.

Les images présentées ici ont été prises dans une ruelle près du Centre Pompidou lors d'une visite de galerie. D'autres œuvres, plus vastes, ornent les murs du parc de Divry, en banlieue parisienne. Cet espace semble avoir été aménagé par la municipalité comme exutoire pour les talents et émotions des jeunes, offrant aussi aux visiteurs du parc un terrain d'imagination.