(Haut) Carte électorale. (Bas) Douze candidats à la présidence (de gauche à droite en haut) Olivier Besancenot, facteur du LCR ; François Bayrou, UDF ; Nicolas Sarkozy, UMP ; Jean-Marie Le Pen, FN ; (au centre, de gauche à droite) Marie-George Buffet, PCF ; Arlette Laguiller, LO ; Dominique Voynet, Les Verts ; Ségolène Royal, PS ; (en bas, de gauche à droite) José Bové, anti-libéralisme ; Frédéric Nihous, CPNT ; Gérard Schivardi, PT ; Philippe de Villiers, MPF. Image issue de www.metrofrance.com.

Après six mois de débats politiques incessants, le premier tour de l'élection présidentielle française s'achève ce week-end. La dernière grande réunion politique a eu lieu hier soir, réunissant les quatre grands candidats dans le sud de la France : Nicolas Sarkozy (UMP) à Marseille, acclamé par plus de 25 000 personnes qui estimaient que le « premier tour n'était qu'un échauffement » ; Ségolène Royal (PS) à Toulouse, soutenue par le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero qui salua sa « fraîcheur et son optimisme, incarnant le succès social-démocrate du XXIe siècle » ; François Bayrou (UDF) à Pau, devant 5 000 partisans, affirmant être « le seul capable de battre Nicolas Sarkozy » ; et Jean-Marie Le Pen (FN) à Nice, devant 2 500 fidèles, critiquant l'égalité supposée entre Sarkozy, Royal et Bayrou.

Tout ce qui doit être entendu, vu, comparé, participé et compris conduit à un choix déterminé. Les électeurs ont une vision claire des programmes et voteront sans hésitation le 22 avril. Beaucoup craignent une répétition de l'épisode de 2002, tandis qu'environ 35 % d'entre eux restent indécis. Dans un monde globalisé où les idéologies se mêlent, la distinction gauche-droite devient floue ; le conservatisme traditionnel remonte, poussant chacun à peser ses intérêts et sa conscience sociale pour cet acte sacré.

Ce vote incarne la justice démocratique, imparfaite mais légitime par la décision collective. Il résulte d'un choix éclairé entre idéaux sociaux, convictions partisanes ou compétences des candidats. À l'ère des médias omniprésents, il incombe aux citoyens de disposer d'informations suffisantes pour arbitrer entre émotion et raison, et choisir leur avenir national.

L'élection présidentielle française est toujours spectaculaire, surtout après la surprise de 2002 ayant vu le FN accéder au second tour. Cette année, elle retient particulièrement l'attention des alliés européens. Selon les derniers sondages du 20 avril : Le Parisien donne 27 % à Sarkozy, 26 % à Royal, 17 % à Bayrou, 16 % à Le Pen, 5 % à Besancenot, 3 % à Bové, 1,5 % à Buffet, 1,5 % à Voynet, 1 % à Nihous, 1 % à de Villiers, 1 % à Laguiller, 0,5 % à Schivardi, et 19 % de blancs. Metro (19 avril) indique 27,5 % pour Sarkozy, 26,5 % pour Royal, 19 % pour Bayrou, 11 % pour Le Pen, et 14 % de blancs. 20 minutes (CSA, 20 avril) : 27 % Sarkozy, 26 % Royal, 17 % Bayrou, 11 % Le Pen. BVA (20 avril) : 29 % Sarkozy, 25 % Royal, 15 % Bayrou, 13 % Le Pen. Ifop (20 avril) : 28 % Sarkozy, 22,5 % Royal, 19 % Bayrou, 12,5 % Le Pen. Ces chiffres seront vérifiés demain à 20 heures.

Les voisins européens suivent cette élection cruciale pour l'UE, soutenant soit Sarkozy (Royaume-Uni, Allemagne), soit Royal (Belgique, Espagne). Les médias français prennent position : Le Figaro penche pour Sarkozy, Le Monde, Nouvel Observateur et Libération pour Royal, Marianne pour Bayrou, tandis qu'Express, Le Point et Le Parisien restent neutres.

Pour voter, il faut avoir 18 ans et s'inscrire sur les listes électorales de sa commune. Le vote est un devoir actif : les électeurs reçoivent leur carte électorale avant le scrutin, accompagnée d'une liste des douze candidats avec leurs programmes, afin de permettre un choix réfléchi.