« Élection présidentielle française de 2007 » : Paris, un scrutin à la cheville
La course présidentielle parisienne s'est soldée par une victoire bleue à l'ouest et rouge à l'est dans un contexte d'égalité des forces. Image issue de Matinplus le 9 mai. Le nouveau président français est connu ; Nicolas Sarkozy (UMP) a été élu. La participation à Paris a été exceptionnelle, attei

La course présidentielle parisienne s'est soldée par une victoire bleue à l'ouest et rouge à l'est dans un contexte d'égalité des forces. Image issue de Matinplus le 9 mai. Le nouveau président français est connu ; Nicolas Sarkozy (UMP) a été élu. La participation à Paris a été exceptionnelle, atteignant 86,4 % au second tour, avec seulement 3 % de votes blancs et 13,6 % d'abstention, marquant l'élection présidentielle la plus animée depuis longtemps. Lors de ce scrutin, la confrontation droite-gauche était quasi à égalité : Nicolas Sarkozy (UMP) remporte 50,19 %, tandis que Ségolène Royal (PS) obtient 49,81 %. Cette différence infime constitue le meilleur score historique pour un candidat de gauche lors d'une élection présidentielle française (en comparaison, François Mitterrand avait obtenu 46,44 % en 1981). Ce résultat teste également la popularité du gouvernement de coalition PS-Verts à la mairie de Paris.
Généralement, les campagnes électorales urbaines se divisent en deux camps. Paris, métropole internationale, ne fait pas exception : elle oppose les zones aisées, où vit la classe moyenne ou bourgeoise, aux zones populaires. La classe moyenne des grandes villes penche généralement vers la droite, privilégiant le réalisme et ses propres intérêts plutôt que les idéaux utopiques de la gauche. Il est naturel que chacun défende ses propres intérêts. À Paris, cette bourgeoisie occupe clairement le cœur urbain et s'étend sur toute la moitié ouest, notamment dans les quartiers haussmanniens du XIXe siècle, où les prix immobiliers sont les plus élevés. Ces zones traditionnelles de force droite accueillent ambassades et sièges d'entreprises multinationales, devenant de facto des marqueurs de statut social.
À l'inverse, la moitié est et les quartiers nord-sud de Paris relèvent majoritairement du peuple, caractérisés par une diversité ethnique et culturelle harmonieuse, faisant de la ville un creuset français. Paris compte vingt arrondissements. Les résultats présidentiels montrent neuf arrondissements favorables au bleu (couleur de l'UMP) contre onze au rouge (couleur du PS). La moitié ouest est entièrement bleue. Au centre, les 4e et 9e arrondissements sont presque à égalité (50,65 % ou 50,89 %). Plus on va vers l'ouest, plus l'écart grandit : le 16e arrondissement affiche 80,8 % pour Sarkozy, suivi du 7e (74,7 %) et du 8e (76,3 %), puis du 17e (62,8 %), du 15e (59,8 %) et du 6e (61,2 %).
La moitié est est entièrement rouge. Le 20e arrondissement (plein est) donne le score le plus élevé pour la candidate socialiste (64,6 %), suivi du 10e (62,99 %), du 11e (61,6 %), du 3e (57 %) et du 2e (54 %). Vers le nord, le 19e atteint 60,15 % et le 18e 63,8 %. Vers le sud, le 12e affiche 51,86 %, le 13e 58,8 %, le 14e 53,8 % et le 5e 50,89 %. Finalement, Nicolas Sarkozy l'emporte légèrement avec 50,19 % contre 49,81 % pour Ségolène Royal. Dans cette bataille serrée, Paris semble avoir partagé les voix équitablement, présageant une lutte âpre pour les élections municipales et de conseil de Paris de l'année prochaine.