(Haut) Affiche de campagne législative collée sur le mur de l’Université Paris-Sorbonne (Tolbiac), arr. 13. (Bas) Panneau officiel devant une école primaire du 13e arr., qui sert aussi de bureau de vote. Les élections législatives françaises sont les plus importantes élections nationales après l’élection présidentielle, car la formation d’un nouveau gouvernement nécessite la confiance et l’approbation de tous pour mener à bien les nouvelles réformes. Par cette dimanche ensoleillé (10 juin), tout le pays est retourné dans les bureaux de vote pour déposer un bulletin sacré.

Le résultat des élections législatives françaises est enfin connu : l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) du nouveau président Nicolas Sarkozy, profitant de l’élan de l’élection présidentielle, remporte une victoire sans précédent. La vague bleue (UMP) couvre presque tous les partis avec 45,8 %, tandis que le Parti socialiste s’effondre à son niveau le plus bas depuis plusieurs décennies, atteignant 28,6 %. Le Parti communiste n’obtient que 5 %, les Verts 2,8 % et le Front national (extrême droite) 4,6 %, subissant une défaite cuisante. L’UDF, devenue MoDem, a également été quasi anéantie avec seulement 4,9 %.

Sur les 577 sièges de l’Assemblée nationale, l’UMP devrait obtenir entre 303 et 447 sièges, contre 126 à 185 pour le Parti socialiste. Les autres partis ne seront que des voix isolées ; le MoDem pourrait n’avoir que 1 à 4 sièges, tandis que les communistes, les verts et le Front national disparaîtront presque de la scène parlementaire. Il est difficile d’imaginer qu’avec une majorité bleue, près de cent candidats de l’UMP soient élus dès le premier tour (contre un seul pour le PS). Tous les ministres du nouveau gouvernement ont participé à cette campagne, acceptant le test populaire : être élu ou démissionner. Huit candidats sur neuf ont été élus au premier tour, les autres passant au second.

Ce résultat confère au nouveau gouvernement la légitimité nécessaire pour engager des réformes globales. Les promesses électorales de Nicolas Sarkozy et l’action du gouvernement dirigé par François Fillon pourront désormais se déployer pleinement, ouvrant la voie à la modernisation politique et à la relance économique. Il ne reste plus qu’à attendre la validation finale la semaine prochaine. Cependant, la participation n’a atteint que 60 %, le taux d’abstention le plus élevé depuis dix ans. Espérons une mobilisation plus forte la semaine prochaine.

La campagne législative française s’est déroulée avec un calme relatif. Les candidats organisaient des réunions locales et rencontraient parfois le public sur les marchés ou dans les rues commerçantes, mais la plupart des actions consistaient à distribuer des tracts ou à afficher des posters. On observait souvent des batailles d’affiches où les posters étaient déchirés puis remplacés. À Paris, la rue restait calme comme d’habitude ; sans les affiches mal placées, les panneaux électoraux ou les médias, on aurait pu croire qu’il ne se passait rien. Tout semblait se dérouler silencieusement, chacun sachant quand voter et comprenant l’importance de l’élection.

On peut imaginer l’écart abyssal avec les élections taïwanaises, marquées par un caractère très populaire. À Taïwan, les rues se remplissent de cortèges de voitures de campagne, de équipes de soutien bruyantes ressemblant à des carnavals, de pétards tirés par les partisans et de haut-parleurs diffusant des annonces incessantes, créant un chaos sonore. Des portraits peu esthétiques et des drapeaux multicolores envahissent les rues, perturbant la vue et imposant une frustration aux citoyens, sans que des groupes civils ne s’y opposent. Est-ce là la qualité de la démocratie ? Il est inimaginable que cette propreté tropicale au bruit s’intensifie lors des élections. Bien que le système français ne soit pas parfait, il convient de réfléchir si la culture électorale taïwanaise, avec son excès de bruit et de frénésie, ne mérite pas d’être revue ou améliorée.