La perplexité du public français face à l'avenir
Le président français dit : « Travailler plus pour gagner plus » semble n’être qu’un slogan publicitaire politique. Aujourd’hui, la plupart des Français souffrent, comme sur cette affiche du PCF. Les prix augmentent sans cesse, dépassant toute imagination ; les salaires ne sont pas ajustés ou le son

Le président français affirme que « travailler plus pour gagner plus » n’est qu’un slogan publicitaire politique. Or, la plupart des Français souffrent, à l’image de cette affiche du Parti communiste français. Ces derniers temps, les prix grimpent, dépassant toute imagination ; les salaires ne sont pas réajustés ou le sont trop tardivement par rapport à l’évolution des coûts. Tout le monde serre la ceinture, et le pouvoir d’achat des Français atteint son niveau le plus bas depuis vingt ans, tandis que l’inflation dépasse les 2 %. À cela s’ajoute récemment la tempête boursière qui a fait fondre l’épargne de la classe moyenne en une nuit. La croissance économique stagne quelque peu, et les soldes hivernales cette année se révèlent moins optimistes qu’escompté ; la morosité sociale est évidente.
L’ombre des grandes grèves nationales de fin d’année dernière plane encore, notamment parce que les revendications de la fonction publique nationale n’ont pas reçu de solution adéquate et raisonnable. La semaine dernière, le 24 janvier, les fonctionnaires, et particulièrement le personnel enseignant, sont retournés dans la rue pour exiger une revalorisation salariale, refusant de continuer à serrer la ceinture. La majorité de la population soutient ce mouvement de grève. Toutefois, cette fois, le gouvernement a appliqué pour la première fois le service minimum dans les écoles, en faisant ouvrir les établissements par le personnel municipal local afin d’accueillir les enfants dont les parents travaillent.
Une autre inquiétude majeure réside dans la contraction du budget national. Dans le cadre du plan de réduction du nombre de fonctionnaires, les perspectives d’avenir apparaissent plus sombres pour beaucoup d’entre eux, qui souhaitent obtenir des entretiens avec le ministre de l’Éducation nationale et le secrétaire d’État chargé du budget. Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement, des experts économiques ont été invités à proposer des plans pour revitaliser l’économie. Lorsque Attali a présenté son programme complet de relance, incluant la libéralisation du marché des taxis (une mesure jugée nécessaire à Paris où il est difficile d’en trouver), les syndicats de taxis de toute la France ont vigoureusement protesté contre cet « nouvel ordre ». Ils ont menacé de lutter jusqu’au bout pour leurs intérêts et ont organisé une grève générale le 30 janvier. Ce jour-là, tous les taxis ont circulé au ralenti ou bloqué les axes majeurs, paralysant les grandes villes françaises pour protester contre l’exécution de ce projet et exiger des négociations avec les autorités.
Il est inutile de souligner qu’il s’agit là de manifestations sociales de grande ampleur. Plus quotidiennement, on observe des actions plus petites : sans-abri, personnes sans papiers, mouvements anticapitalistes et antiglobalisation, etc. Dans cette société libre et démocratique, la manifestation, la grève ou la grève scolaire constituent l’essence même du combat social. Cette force semble être devenue le seul canal d’expression de l’insatisfaction sociale. Cependant, face à un gouvernement fort et à la défense des intérêts capitalistes, les forces de contrepoids sociaux semblent s’affaiblir. Défendre ses droits est légitime, mais la société doit avancer avec l’évolution du monde ; la réforme sociale est inévitable. Il est crucial de trouver un compromis raisonnable grâce à la sagesse et au dialogue des deux parties, car c’est là le fondement de l’évolution d’une société démocratique.