Élections régionales françaises : un grand succès pour la gauche
Bertrand Delanoë, maire de Paris réélu, photo via www.20minutes.fr

Bertrand Delanoë, maire de Paris réélu, photo via www.20minutes.fr

Carte des maires d'arrondissement élus dans les 20 arrondissements de Paris : bleu pour la droite, rose pour la gauche, source www.20minutes.fr :

Carte de l'Île-de-France, source www.20minutes.fr : Depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy et du gouvernement de François Fillon, ces élections locales marquent un test de satisfaction envers le pouvoir. Le taux de popularité du président a chuté au plus bas en raison de son comportement personnel et de sa gestion ; le gouvernement semble épuisé par ses réformes et peine à réaliser son programme politique. Face à la crise des subprimes aux États-Unis, à la faiblesse économique mondiale, à la baisse de la croissance en Europe et aux États-Unis, ainsi qu'à la hausse du prix du pétrole (dépassant les 100 dollars le baril) et de l'inflation, le pouvoir d'achat diminue. Les classes moyennes se contractent tandis que les classes populaires et intermédiaires peinent à vivre, rendant l'avenir sombre aux yeux des Français.
Ces élections locales reflètent directement ces préoccupations sociales, l'insatisfaction envers la gestion présidentielle et gouvernementale, ainsi que la désillusion face à la vitalité politique. Dans ce contexte, les politiques socialistes de gauche, axées sur l'économie localisée et les questions humanistes, ont touché les cœurs. Les élections locales étant directement liées à la vie quotidienne, elles concernent les problèmes individuels, communautaires et urbains. La gauche et ses alliances ont repris 14 villes de plus de 30 000 habitants à la droite. Au niveau national, la gauche obtient 49,5 % contre 47,5 % pour la droite. Lors du premier tour, le Parti socialiste réalise un grand succès en conservant 57 villes de plus de 30 000 habitants, tandis que la droite en conserve 47.
Lors du second tour, lors duquel la gauche et la droite s'affrontent violemment, la gauche reprend de nombreuses villes traditionnelles de droite comme Reims, Amiens, Toulouse, Strasbourg, Metz, Caen et Angers. Ce succès était attendu. L'Île-de-France ne fait pas exception : la gauche remporte une victoire éclatante. Bertrand Delanoë, maire sortant, remporte brillamment sa réélection. L'Île-de-France devient une terre socialiste (rose), tandis que l'UMP (droite, bleue) perd ses bases traditionnelles.
La carte politique parisienne se divise en deux : le centre et l'est, zones bourgeoises, restent bleus (traditionnellement à droite) ; l'ouest, s'étendant du sud au nord, devient rose (gauche populaire). La gauche obtient une majorité claire. Cette situation semble aussi inébranlable que la carte politique de 2001. Il est évident que la conscience bourgeoise de Paris penche désormais vers le rose, idéologie majoritaire parmi les citoyens. Les réformes de Bertrand Delanoë portent leurs fruits ; les Parisiens, par un choix avisé, reconnaissent ses réalisations urbaines et lui confient une mission sacrée de renouvellement continu.
Après sa victoire, le maire Bertrand Delanoë a déclaré : « Ces résultats extraordinaires sont sans précédent pour notre équipe parisienne. Nous consacrerons toute notre énergie à la justice sociale du logement, au service des citoyens modernes et à la cohésion de tous les âges dans cette ville réelle. » Il ajoute : « Mettre fin à la précarité de l'emploi et promouvoir le développement durable. N'oublions pas la passion pour la culture. »