Le contexte artistique du XIXe siècle
Paul Cézanne, Montagne Sainte-Victoire, 63,5 x 79,5 cm, 1886-1890, National Gallery, Londres



Vincent van Gogh, La Sieste, 73 x 91 cm, 1890, Musée d'Orsay. Le XIXe siècle est l'époque où la civilisation européenne entre dans la modernité et connaît son apogée hégémonique. Héritant de la civilisation latine antique, puis de la Renaissance et des courants philosophiques positivistes du XVIIe siècle, elle est influencée par les Lumières du XVIIIe siècle qui ont déclenché la Révolution française et établi un système démocratique rudimentaire. Les transformations socio-économiques induites par la révolution industrielle permettent à l'Europe d'intégrer le processus de construction moderniste, insufflant optimisme et confiance en l'avenir à toute une époque.
Au fil du développement civilisationnel, les changements structurels totaux de la politique, de l'économie et de la société occidentales affectent les diverses pensées et valeurs humanistes. Dans cette nouvelle structure sociale et ce nouveau système industriel, la classe moyenne émerge. L'art n'y échappe pas : libéré progressivement de la théocratie et de la monarchie, il se sécularise. Grâce au développement de la société civile, les artistes commencent à servir le marché de l'art — la nouvelle classe moyenne — en tant qu'individus libres. Sous cette diversité d'expressions marchandes, l'art devient plus pluriel ; sans la domination traditionnelle féodale ou religieuse imposant une norme unique, le style personnel des artistes peut s'exprimer pleinement. Ainsi, l'art ne met plus l'accent sur l'artisanat et la technique, mais sur la création individuelle et le talent ; il ne sert plus des objectifs prédéfinis. Le style personnel et l'autonomie artistique deviennent les critères suprêmes.