Les lycéens manifestent dans la rue contre les licenciements - Image provenant de www.20minutes.fr, crédit photo-SIPA

Le 60e anniversaire des émeutes de 1968 a vu des étudiants manifester. Image issue de www.20minutes.fr crédit photo-REUTERS. Dans le contexte actuel de crise financière mondiale, les prix du pétrole flambent, ceux des denrées alimentaires augmentent régulièrement, la croissance économique est faible et l'inflation s'installe, laissant la population dans la précarité. Un climat pessimiste règne partout, confrontant les gouvernements à un immense problème social : les reportages sur les manifestations liées à la hausse du pétrole et des denrées se multiplient. La France n'est pas épargnée ; après les grèves et manifestations des pêcheurs, celles des agriculteurs, des transporteurs routiers et des chauffeurs de taxi, voire des consommateurs ordinaires, ont éclaté pour défendre leur survie professionnelle et leur pouvoir d'achat. Par ailleurs, les réformes gouvernementales visant à réduire la dette et le déficit budgétaire — incluant la réduction du personnel administratif, la réforme des institutions publiques et scolaires, la durée du travail de 35 heures, la retraite, la sécurité sociale, le système scolaire, la justice, l'environnement et l'emploi — font des manifestations et des grèves une habitude quotidienne en France. Personne ne souhaite perdre ses droits ; soutenus par les syndicats et les associations, chacun lutte jusqu'au bout pour son avenir. Pourtant, tout le monde sait que face à l'assombrissement des perspectives, cette bataille sociale semble devoir se poursuivre indéfiniment.

Au cours de ces derniers mois, les enseignants, les pêcheurs, les agriculteurs, les travailleurs, les personnes handicapées, les retraités et les fonctionnaires ont manifesté tour à tour, révélant le mécontentement général envers le gouvernement. Il n'est donc pas surprenant que les sondages du président Sarkozy soient aussi bas. Même les travailleurs sans statut régulier se sont mis en grève, cherchant à obtenir un droit de négociation avec le gouvernement pour les réformes, mais sous une politique gouvernementale ferme, leur avenir semble sombre. Le 10 juin, une nouvelle grève générale des fonctionnaires (agents des impôts) et de la SNCF a eu lieu. Les écoles primaires et secondaires, les bureaux de poste, les services fiscaux et de nombreuses administrations ont fermé leurs portes. Bien sûr, cela a affecté les déplacements quotidiens via la SNCF et les réseaux de métro urbains, mais face à cette situation inévitable, le public a généralement fait preuve de compréhension, acceptant le sort qui lui était réservé. Parallèlement, des convois de camions bloquant toutes les avenues menant aux villes et des automobilistes encerclant les dépôts de carburont tenté de faire pression sur le gouvernement pour obtenir des aides face à la hausse des coûts énergétiques.

La bataille sociale se poursuit : une grande manifestation et grève des fonctionnaires est prévue le mardi suivant, le 17. Manifestations et grèves sont ainsi devenues la norme dans la société française.