Henri Rousseau, « Le Bohémien endormi »
Le Bohémien endormi, 129,5 × 200 cm, 1907, MoMA New York. Œuvre la plus poétique de Rousseau, elle baigne dans une atmosphère magique et onirique.

« Le Bohémien endormi », 129,5 × 200 cm, 1907, conservé au Museum of Modern Art de New York. Cette toile est l'œuvre la plus poétique de Rousseau ; sous un rêve dramatique règne une atmosphère magique envoûtante. Elle dépeint un désert aride, étoilé, sous une lune blanche éclatante : un bohémien vagabond, vêtu d'un habit rayé coloré, coiffé d'un turban et tenant un bâton, symbolisant sa vie errante, s'est endormi profondément sur le sol, le corps las. Une mandoline à ses côtés suggère son chant itinérant, ainsi qu'une cruche (en terre cuite). Soudain, sous les étoiles et la lune, un lion s'approche du dormeur pour l'odorater. Dans cet espace imaginaire hors norme, entre naïveté et équilibre chromatique, se tisse une scène onirique poétique. Rousseau expliqua ainsi ce tableau : « Un chanteur ambulant noir avec une mandoline, une cruche d'eau à côté, dort le corps las sous les étoiles et la lune blanche dans un désert aride ; soudain un lion apparaît sans le dévorer. » L'œuvre a particulièrement attiré l'attention des surréalistes, notamment Pierre Bonnard, dont l'aspect onirique et magique devint un champ d'étude majeur.