« Élection présidentielle française 2007 » III : Le rendez-vous du destin
La photo supérieure provient de segoleneroyal2007.net. La tension monte dans la course présidentielle, les affrontements se multiplient. Discours passionnés, reportages dramatiques et sondages fluctuants visent à réveiller les électeurs déçus ; tous les partis mobilisent leurs atouts pour conquérir


La photo supérieure provient de segoleneroyal2007.net. La tension monte dans la course présidentielle française, les affrontements se multiplient et les coups fusent. Discours passionnés, reportages médiatiques dramatiques et sondages d’opinion fluctuants cherchent à réveiller les citoyens lassés par la politique. Tous les grands partis déploient leurs talents pour conquérir les suffrages. Lors de cette élection, le leader de l’aile droite française, Nicolas Sarkozy (UNP), a choisi une mise en scène spectaculaire inspirée des élections américaines, captivant le public et étant le premier à présenter un programme complet. Dans le contexte du libéralisme capitaliste mondialisé, ses sondages rattrapent ceux de Ségolène Royal depuis mi-janvier. Face aux attaques coordonnées de la droite contre la gauche et son programme encore imprécis, cette stratégie offensive porte ses fruits : la droite devance désormais la socialiste. Les résultats du premier tour sont de 32 % contre 27 %, avec un second tour projeté à 53 % contre 47 %. La situation reste volatile. Par ailleurs, François Bayrou (UDF) remplace Jean-Marie Le Pen (Front National) au troisième rang, ces deux candidats étant très proches (13 % contre 12 %). L’électorat extrême-droite n’étant pas bruyant, il est difficile d’analyser finement la dynamique, les revers politiques restant fréquents.
Indépendamment des clivages, toute la société française attend avec impatience le programme présidentiel du Parti socialiste. Le dimanche 11 février, lors d’un grand rassemblement au centre d’exposition de Villepinte, près de Paris, Ségolène Royal dévoile son « Pacte Présidentiel » sous le slogan « Plus juste, la France sera plus forte ». Sur une ligne sociale-démocrate, cent propositions couvrent la société, l’éducation, le droit, l’environnement, la recherche, l’emploi, le logement, la santé, les jeunes, l’égalité, les institutions nationales et européennes, ainsi que les questions internationales. Elle propose un contrat d’alliance de la société civile, apaisant les relations entre Français et entreprises, tout en critiquant la domination des capitaux spéculatifs et l’insatisfaction face au travail (précarité, bas salaires). Son programme vise à améliorer l’école, la santé, les retraites modestes, etc., avec une approche humaniste et populaire. La candidate espère gouverner comme on gère un foyer, affirmant : « Je veux donner à tous les enfants français ce que j’ai donné aux miens », incarnant un esprit maternel inédit pour promouvoir l’harmonie sociale et le progrès. Bien que socialement à gauche, sa position féminine et humaniste répond aux fractures familiales contemporaines, à l’individualisme croissant et à la primauté de l’intérêt personnel, offrant une vision plus humaine pour la société française.
Les programmes du PS reçoivent une approbation générale, bien que communistes et extrême-gauche les jugent insuffisamment à gauche. Il est impossible de satisfaire pleinement tous les militants de gauche. Le lendemain, les médias français se polarisent : Libération soutient le programme, tandis que Le Figaro le critique. Nicolas Sarkozy rejette vigoureusement ces promesses, jugeant irréalisables les engagements sur le salaire minimum, la santé et les retraites. Le PS espérait sortir de l’impasse des sondages après cette publication, mais les attaques droitières s’intensifient et des dissensions apparaissent au sein du camp socialiste, notamment avec la démission d’un conseiller financier en désaccord avec le leader. Le PS semble désarmé, attendant l’émission « Je vous ai compris » sur France 1. Les partisans de gauche craignent la performance de Ségolène Royal, tandis que ses opposants espèrent qu’elle échoue. Deux semaines plus tôt, Nicolas Sarkozy avait brillé dans cette émission, attirant huit millions de téléspectateurs, consolidant sa popularité et faisant monter les sondages. La pièce présidentielle continue de se jouer, laissant chacun attendre la suite.