L'exposition personnelle de Chen Chi-Hsiang, « Mirror Stage », a été présentée du 6 avril au 2 mai 2009 à la Galerie Dongjia à Taipei. Né en 1956, l'artiste et critique d'art taïwanais vit à Paris. Il cultive discrètement son jardin créatif et est reconnu pour ses critiques d'art contemporains. « Mirror Stage » évoque l'illusion des choses, telles les fleurs dans le miroir ou la lune dans l'eau. De la transformation naturelle aux événements mondains, jusqu'à la vie elle-même, tout évolue et s'évanouit naturellement. L'expression « La vie est comme un rêve » reflète cette réalité, rappelant comment discerner l'essence parmi les phénomènes ; l'art est ce miroir clair qui reflète l'état intérieur du créateur. Cette vie même est une peinture limpide, offrant sa vacuité à la coloration humaine, tandis que la création projette l'expérience vécue et la perception de la vie.

Après la série photographique « Observing the Mind, Surveying the Realm », la série picturale « Mirror Stage » s'inspire de l'œuvre vidéo « Non-Mental Image » de 2005. Par une contemplation silencieuse des changements de la vie, l'artiste témoigne du miroir intérieur, cherchant à révéler la conscience profonde à travers l'exploration matérielle. Il met en lumière l'entité omniprésente et la vacuité insaisissable dans le monde matériel et phénoménal, validant ainsi l'essence de l'existence et de la conscience. Ce parcours tente de passer de l'image mentale à la non-image, observant le surnaturel depuis la nature, passant du matériel au spirituel, du visible à l'invisible, et du langage à la perception imagée.

Considérer les objets comme l'essence, c'est voir que la vie est la nature intrinsèque, l'extérieur étant l'extension de l'intérieur. Sans frontières définies, comme l'ombre suit le corps, le temps entoure l'espace qui est lui-même temps ; l'entité se lie à la vacuité, la vérité sans forme contient tout. Dans cet univers vaste et changeant, une conscience silencieuse observe ou saisit des fragments de réalité par romantisme pour en faire un microcosme éternel, sans recherche extérieure. L'art révèle alors naturellement le corps de la vie.

La série « Mirror Stage » se présente sous forme de dialogue, unie comme deux mains ou retrouvailles fraternelles : indépendante mais complémentaire, elle établit une relation intime où la similarité devient le signe distinctif. Entre photographie et peinture, ni l'un ni l'autre n'est l'objectif final ; ils servent à contempler l'esprit à travers les formes matérielles ou à exprimer un état conscient. À travers ces scènes, l'artiste expose sa vision intérieure et découvre l'apparence originelle de la vie.

Composée d'objets familiers du quotidien, la série explore le grand monde à partir du microcosme, dépassant l'imagination entre réel et irréel, visible et invisible, concret et abstrait. Elle vise à saisir le domaine métaphysique ou à manifester un état mental paisible. Ces objets sont liés à leurs reflets, comme la lune dans l'eau. Tout réel résulte de l'union du yin et du yang ; sous la lumière, l'objet a une ombre, dans le miroir, il apparaît. Dans ces phénomènes physiques, le temps suit l'espace qui le construit. Peintures et vidéos deviennent la substance artistique, révélant non seulement lumière et ombre, mais l'ensemble des choses, faisant émerger une poésie visuelle qui transcende les limites du visible et ouvre l'espace de l'imagination.