« Élection présidentielle française de 2007 » n°5 : Le troisième personnage
(Image de Nicolas Sarkozy en haut à gauche) issue de sarkozy2007.forumactif.com. (Image de Jean-Marie Le Pen en haut à droite) issue de www.frotnational.com. (Image de Ségolène Royal au milieu à gauche) issue de segoleneroyal200…





(Image de Nicolas Sarkozy en haut à gauche) issue de sarkozy2007.forumactif.com. (Image de Jean-Marie Le Pen en haut à droite) issue de www.frotnational.com. (Image de Ségolène Royal au milieu à gauche) issue de segoleneroyal2007.net. (Image de Francois Bayrou au milieu à droite) capturée lors de l’émission « J’ai une question à vous poser » sur France 1. (Caricature de Francois Bayrou en bas) œuvre du dessinateur Michaelski, issue de debat2007.fr, montrant comment le public perçoit le troisième candidat, Bayrou.
La campagne présidentielle française atteint son apogée ; les positions sont claires. Les quatre principaux candidats attirent le grand public par des discours populismes. Les programmes de l’UMP et du Parti socialiste regorgent d’imagination pour construire l’avenir français. Bien que ces visions ne soient pas irréalistes, elles semblent parfois être de vaines promesses. Le peuple préfère entendre ce qu’il veut croire, incapable de résoudre ses difficultés actuelles comme un magicien. La stratégie politique vise à gagner l’élection, profitant de la mémoire courte des électeurs. Qui se souvient encore des promesses de Jacques Chirac en 2002 sur les « difficultés sociales » ? Aujourd’hui, la pauvreté augmente, le niveau de vie baisse, les jeunes voient leur avenir incertain et la confiance dans le futur s’effrite.
Après une longue alternance entre gauche et droite, les Français éprouvent une lassitude profonde envers ces deux grands partis, bien qu’ils espèrent qu’un nouveau visage renverse la situation nationale et internationale. Cependant, tous les candidats sont des hommes politiques établis ; il est difficile de parler de nouveauté. Nicolas Sarkozy promet de rompre avec le passé, mais les électeurs jugeront ses actes. On doute aussi des capacités de Ségolène Royal et de son programme de gauche, surtout dans une société encore marquée par le machisme, où le droit de vote des femmes est récent. Si la France veut vraiment changer, l’élection d’une première femme présidente serait la plus grande révolution politique. À suivre.
Qui est véritablement le troisième homme de cette élection : Jean-Marie Le Pen, candidat du Front national d’extrême droite, ou Francois Bayrou, candidat centriste de l’UDF ? Leurs programmes sont opposés. L’extrême droite prône le nationalisme et la priorité aux Français, position renforcée par la mondialisation économique. Sa qualification pour le second tour en 2002 n’était pas inattendue, bien que les médias l’aient souvent ignorée. Personne ne connaît vraiment l’intention des électeurs d’extrême droite, rendant sa place incertaine.
Lors de l’émission « J’ai une question à vous poser », Francois Bayrou a attiré 6,8 millions de téléspectateurs (contre 6,4 millions pour Le Pen). Ainsi, Bayrou apparaît comme le troisième personnage. Avec environ 6 % des intentions de vote au début de l’année, il critique régulièrement les médias accusés de partialité envers les grands partis. Cette confrontation médiatique fait de lui une figure centrale. Son approche centriste, anti-gauchiste et antidroitière, ainsi que son idéal de cohabitation inspiré de la IVe République, visent à rassembler les élites politiques sous le slogan « Toute la force de la France ».
Bayrou propose des solutions réalistes aux problèmes économiques, sociaux, éducatifs et à la dette publique. Il gagne la confiance des électeurs lassés par la gauche et la droite, ainsi que celle des indécis, séduisant particulièrement les jeunes. Ses sondages montent régulièrement, atteignant 23 % le 10 mars, égalant Ségolène Royal. Il menace directement le PS et même l’UMP, dont le candidat Nicolas Sarkozy se sent compressé. Les grands partis attaquent Bayrou, qualifiant son projet de cohabitation d’utopique et dépassé. Malgré cela, Bayrou assume son idéal avec élégance, devenant le candidat le plus populaire et central dans les médias. Est-il vraiment le troisième homme ? Difficile à dire, car le spectacle électoral bat son plein.
Selon les sondages du 8 mars publiés par Metropolitaine, si Bayrou accédait au second tour contre Nicolas Sarkozy, il gagnerait avec 55 % grâce au soutien de la gauche socialiste. Contre Ségolène Royal, il gagnerait avec 54 % grâce au soutien de la droite. Dans cette configuration, Bayrou tirerait son épingle du jeu des deux côtés. Ces prédictions restent hypothétiques. Une autre possibilité serait l’élimination des deux grands partis, opposant Bayrou à Jean-Marie Le Pen, ce qui raconterait une tout autre histoire.