(1) Trashed Black Box II (2003). (2g.) Units Aluminiam death shifter (2001). (2d.) Coustic Pill (2001). (3) Vue panoramique de l'installation – 13 Shattered panels for Toe Ramme (2001).

(1g.) Stockade - Existential trap for speed freaks (1988-1991). (1d.) Crowbar (1987). (2) The self mutilation bootleg 2- The open grare (1988-2003). La rétrospective Steven Parrino « La marque noire » est présentée du 24 mai au 26 août au Palais de Tokyo à Paris. Cette exposition majeure comprend deux volets, Before (au plus ou au moins) et Bastard creature, couvrant son exploration plastique et ses activités. Before rend hommage à des artistes ayant influencé Parrino, comme Frank Stella et Donald Judd. Bastard creature regroupe les expositions qu'il a curatées en 1999 et 2003 selon sa vision artistique. Cette approche permet une compréhension globale de son travail et de sa logique, renouvelant le format traditionnel de la rétrospective.

Steven Parrino (1958-2005), artiste suisse, a mené une vie intense et radicalement avant-gardiste, explorant divers médiums : arts plastiques, cinéma expérimental, design industriel et bande dessinée. Dans les années 80, il quitte la peinture figurative postmoderne pour l'abstraction post-limite, retrouvant les racines de l'art minimal américain et poussant l'exploration picturale à l'extrême. Bien que les années 80 aient vu un retour à la figuration sensible dans le sillage postmoderne, les années 90 ont vu émerger une géométrie abstraite rationnelle, réaction contre la passion expressive. Ce centre néo-géométrique ou post-limite ne se trouvait ni en Allemagne, ni à Vienne, ni à Paris, mais à Genève, sous l'influence du groupe BMPT et d'artistes comme Mosset, domaine dans lequel s'inscrit Parrino.

L'art néo-géométrique suisse (ou post-limite) peut se classer en trois courants : Armleder, figure internationale, mêlant géométrie, art optique et ready-mades ; Federle, résidant à Berlin, restaurateur de l'esthétique rigoureuse de Mondrian ; et enfin Steven Parrino, fondé sur des formes et couleurs minimalistes (noir dominant). Son œuvre procède par actions : percer des trous (Crowbar, Stockade), reconfigurer des toiles achevées (Lee Marvin-Marion Brando, Repulsion painting IV, Coustic Pill), poser des toiles sans châssis au sol (Blod –Fuckheadbubblegum), construire des façades cubiques (Trashed Black Box II) ou installer des panneaux brisés (Shattered panels for Toe Ramme). Il interroge ainsi les conditions de la peinture depuis le minimalisme américain jusqu'à la scène française.

Grâce au directeur du Palais de Tokyo, Marc-Olivier Walther, cette perspective singulière est visible à Paris, faisant rayonner l'art suisse. En conclusion, parler de peinture après la mort de celle-ci semble futile ; qui oserait nier ce qui est art ? L'art réside dans l'intention. Ceci n'est pas une critique de Parrino, mais une note inspirée.