006 Tristan Eaton ne1978 la13
Tristan Eaton b1978 la13 2014
008 Borondo bapteme 2014-10
Borondo baptême Trois générations sous le même toit 2014
007 Spy ne1975 I m not a real artist 2014-10
Spy b1975 I m not a real artist 2014
045 Swoon ne1978 20-14-10
Swoon ne1978 2014
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Graffiti inattendu sur un mur, première partie
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Graffiti inattendu sur un mur, deuxième partie

Par Chen Chi-Hsiang. Paris se divise en vingt arrondissements, chacun ayant ses propres attributs, caractéristiques et paysages humains et naturels. Métropole née des abords de l'île de la Cité sur les rives de la Seine, celle-ci forme le cœur de la ville lumière avec une structure en spirale rappelant une feuille d'érable ; la douce Seine serpente à travers cette forme. La métropole s'est étendue vers les marges avec le développement industriel et commercial. Il y a plus de quarante ans, ces zones étaient occupées par des usines et des entrepôts ; depuis les années 1970, elles se sont déplacées davantage, tandis que la ville continuait de croître. Aujourd'hui, les constructions atteignent la saturation : chaque parcelle est précieuse, et les marges font partie intégrante du paysage urbain.

Le XIIIe arrondissement, situé au sud de Paris, était autrefois dominé par des usines et des entrepôts, sans musées, centres culturels majeurs, jardins remarquables ou monuments historiques. On y pense surtout pour sa cuisine chinoise. On y trouve l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, plus ancien et grand d'Europe, ainsi que la gare d'Austerlitz (desservant l'Espagne). Les voies ferrées et la Seine traversent la périphérie, créant une zone logistique ferroviaire. Bien que situé sur la rive gauche de la Seine, le XIIIe n'avait pas de charme fluvial particulier jusqu'à récemment. Grâce à la vision du président Mitterrand, le quartier de la Bibliothèque nationale de France et le Moulin de Bagatelle (ancien entrepôt ferroviaire) ont émergé. Le moulin et ses silos ont été transformés en campus universitaire, et une ancienne briqueterie en école d'architecture. Avec la mise sous terre des rails, ce secteur est devenu un quartier résidentiel moderne et détente, offrant des espaces de loisir attrayants sur les berges. Une planification urbaine globale, facilitée par le métro automatique ligne 14 et les tramways périphériques, a fait du XIIIe l'un des projets urbains les plus réussis de ces dernières années.

Le XIIIe est aussi connu comme le « Chinatown » de Paris. Pendant les fêtes du Nouvel An lunaire, les défilés de dragons et lions attirent foule. Ce quartier rassemble commerces et restaurants chinois, développé après l'accueil de réfugiés vietnamiens, laotiens, cambodgiens et chinois fuyant la guerre du Vietnam dans les années 1970. Il constitue aujourd'hui le plus grand centre alimentaire asiatique d'Europe. Les Chinois préférant vivre en immeubles, les promoteurs ont construit plusieurs tours de quinze étages aux rues Ivry et Choisy-le-Roi, répondant à cette demande.

Sans ressources touristiques majeures, comment créer de la valeur culturelle ? Les municipalités ont cherché de nouvelles possibilités. De nombreuses rues portent le nom d'artistes ou d'écrivains (Rue Duchamp face à mon domicile, Rubens, Titien, Basquiat...). Le XIIIe compte aussi le plus grand nombre d'ateliers d'artistes à Paris, disséminés dans tout l'arrondissement (notamment rue Duchamp et toute la rue Vauquelin). Ouverts lors des vacances d'été, ils offrent un aperçu des œuvres et des échanges informels, bien que non liés au tourisme.

Avec une majorité de bâtiments neufs d'après-guerre et quelques grandes fresques décoratives, le paysage urbain semble limité. Cependant, le street-art fleurit sur les murs, notamment autour du village artistique du Moulin de Bagatelle. Ces images dynamiques et fraîches attirent le regard, suscitant parfois l'émerveillement.

Ces deux dernières années, l'intention de faire du XIIIe une galerie de street-art à ciel ouvert s'est affirmée. L'an dernier, lors de la construction d'un immeuble près de la Seine, a eu lieu le « Grand Salon International du Graffiti Urbain », initiative unique proposée par le galeriste Mehdi Ben Cheik en collaboration avec la mairie du XIIIe. Surnommé « Tour Paris 13 », il servait de galerie temporaire. Parallèlement, une exposition internationale réunissait des artistes mondiaux. Suite à cet événement, la mairie a invité des artistes internationaux à réaliser de grandes fresques murales dans l'arrondissement. Partant de la station National, le street-art a fleuri sur les murs, culminant par deux immenses fresques achevées sur le plus haut immeuble du Chinatown après les vacances d'été.

Cette année, le XIIIe est devenu une zone de graffiti street-art parisienne, particulièrement en périphérie près de la BNF. Cette zone est devenue un pèlerinage pour le street-art, enrichi de quatre nouvelles fresques qui embellissent le paysage urbain. La mairie planifie de transformer le XIIIe en nouveau quartier de fresques et en destination culturelle tendance. À l'avenir, les guides touristiques mentionneront spécifiquement le XIIIe comme galerie de street-art en plein air, invitant à un tourisme profond pour découvrir les paysages urbains et humains. Au-delà de la cuisine chinoise, la valeur ajoutée réside dans l'appréciation des fresques murales réalisées par les jeunes artistes street-art. D'autres graffitis inattendus sur les murs environnants offriront encore du plaisir visuel.

Note 1 : « Grand Salon International du Graffiti Urbain », novembre 2013. Blogues participants.